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Professionnels — 5 octobre 2026

Salle de pause en entreprise : obligations et aménagement

Salle de pause en entreprise : ce que le Code du travail impose selon l’effectif, ce qu’il n’impose pas, et comment aménager un espace que l’équipe utilise.

Salle de pause aménagée pour AXA, avec une table haute aux bords arrondis, six chaises hautes et un mur habillé de bois qui intègre un écran

Une salle de pause en entreprise n’est pas une obligation en soi, mais un lieu pour déjeuner l’est presque toujours : le Code du travail interdit en principe de manger dans les locaux de travail. À partir de 50 salariés dans l’établissement, il faut un vrai local de restauration équipé. En dessous, un emplacement propre et sûr suffit. Le reste relève de l’aménagement : surface, coin cuisine, assises, rangements et matériaux décident de l’usage réel de la pièce.

Ce que le Code du travail impose pour la salle de pause

Le point de départ est l’article R4228-19 : « Il est interdit de laisser les travailleurs prendre leur repas dans les locaux affectés au travail. » Dès que vos salariés déjeunent sur place, vous devez donc leur réserver un lieu. Ce que doit contenir ce lieu dépend de l’effectif de l’établissement.

Situation Ce qui est exigé Article
Au moins 50 salariés dans l’établissement Un local de restauration, mis en place après avis du CSE, avec des sièges et des tables en nombre suffisant, un robinet d’eau potable fraîche et chaude pour dix usagers, un moyen de conservation ou de réfrigération des aliments et une installation pour réchauffer les plats R4228-22
Moins de 50 salariés Un emplacement permettant de se restaurer dans de bonnes conditions de santé et de sécurité. Il peut se trouver dans les locaux de travail, après déclaration à l’inspection du travail et au médecin du travail, si aucune substance ou mélange dangereux n’y est utilisé ou stocké R4228-23
Tous les établissements Nettoyage du local ou de l’emplacement et de ses équipements après chaque repas R4228-24
Tous les établissements Eau potable et fraîche à disposition des salariés R4225-2
Salariées enceintes ou allaitant Pouvoir se reposer en position allongée, dans des conditions appropriées R4152-2

À ces règles s’ajoute la pause elle-même : dès six heures de travail dans la journée, le salarié a droit à vingt minutes consécutives de pause (article L3121-16). Le texte ne dit pas où elle se prend, mais une pause prise debout à côté de son poste ne remplit pas le même rôle qu’une pause dans une pièce prévue pour cela.

Le seuil de 25 salariés n’existe plus

Beaucoup de pages en ligne parlent encore d’un local obligatoire « dès que 25 salariés souhaitent déjeuner sur place ». C’était l’ancienne rédaction. Depuis le 2 janvier 2020, le seuil est de 50 salariés et il porte sur l’effectif de l’établissement, et non plus sur le nombre de personnes qui déjeunent.

Les titres-restaurant ne remplacent pas le local

Aucun texte ne prévoit que les titres-restaurant dispensent de l’obligation de local ou d’emplacement. Une tolérance administrative est parfois évoquée, sans référence précise. Et quoi qu’il en soit, les titres ne lèvent pas l’interdiction de l’article R4228-19 : sous 50 salariés, seule la déclaration prévue par l’article R4228-23 permet de se restaurer dans les locaux de travail.

Salle de pause, salle de repos, réfectoire : ne pas tout confondre

Le Code du travail parle de local de restauration, pas de salle de pause. Il n’impose pas de salle de repos en général. L’article R4228-25 prévoit simplement qu’à défaut de local de repos, le local de restauration doit pouvoir servir de lieu de repos en dehors des heures de repas, quand la nature des activités l’exige, avec des sièges à dossier. En pratique, dans la plupart des PME, une seule pièce fait les trois : on y déjeune, on y prend un café, on y souffle.

Dans la salle de pause aménagée pour AXA, visible en photo d’ouverture, un meuble bas sous la fenêtre pour poser les affaires sans encombrer la table haute.

Quelle surface prévoir pour une salle de pause ?

Le Code du travail ne fixe aucune surface minimale. Les seuls repères chiffrés viennent de l’INRS, dans sa brochure ED 950 consacrée à la conception des lieux de travail (édition de juin 2025). Ce sont des recommandations, pas des obligations.

  • Pour la restauration : 1,30 m² par place assise dans la salle à manger.
  • Pour une salle de détente : une pièce qui accueille environ 10 % de l’effectif, sans dépasser 20 personnes, sur une base de 2 m² par personne.

Un exemple : si douze personnes déjeunent en même temps, le repère de l’INRS donne environ 16 m² pour les places assises. Si le coin cuisine se trouve dans la même pièce, il faut y ajouter son emprise et la place pour circuler devant quand quelqu’un utilise le four à micro-ondes et qu’un autre attend. C’est souvent ce qui manque : la pièce est calculée pour la table, pas pour la file d’attente devant le four à midi et demi.

L’INRS recommande aussi une vue sur l’extérieur et un traitement acoustique, qu’il juge « fortement recommandé » dans les lieux de restauration.

Aménager une salle de pause que les équipes utilisent

Être conforme ne suffit pas à rendre une salle de pause agréable. Quelques choix d’aménagement décident de son usage réel.

Séparer franchement la pause du travail

La pièce doit donner l’impression de quitter son poste : autre lumière, autres assises, autres matières. Quand c’est possible, on la place côté fenêtre plutôt qu’au fond d’un couloir. Sur un plateau ouvert, un mur de rangements ou une claustra suffit parfois à créer cette coupure sans construire de cloison.

Dimensionner le coin cuisine pour le pic de midi

Le coin cuisine concentre les usages : réfrigérateur, micro-ondes, évier, machine à café, vaisselle. Pour une salle de pause, on part du nombre de personnes présentes au moment du repas, pas de l’effectif total. Deux micro-ondes côte à côte valent mieux qu’un seul pour quinze personnes. Un plan de travail dégagé sert à poser un plat, à préparer un café, à attendre son tour. Nos cuisines pour les professionnels sont présentées sur une page dédiée.

Coin cuisine linéaire : façades bois sans poignée apparente, évier et plaque encastrés, et un grand linéaire de plan de travail libre.

Varier les assises

Une grande table rassemble, une table haute sert pour un café rapide ou un déjeuner court, un banc ou deux fauteuils permettent de s’isoler un moment. Mélanger deux hauteurs d’assise dans la même pièce change son usage : on s’assoit plus volontiers pour cinq minutes sur un tabouret haut que sur une chaise de réunion.

Salle commune ouverte sur l’extérieur : grande table en bois pour déjeuner ensemble, et un coin détente à côté.

Choisir des matériaux qui tiennent l’usage collectif

Une salle de pause sert plusieurs fois par jour, par des personnes différentes, et doit être nettoyée après chaque repas. Les surfaces doivent donc supporter l’eau, les chocs de chaises, les produits d’entretien. Sur ces projets, on privilégie un plan de travail sans joint visible près de l’évier, des chants bien collés sur les façades basses, des poignées intégrées qui ne s’accrochent pas, et des teintes qui ne marquent pas au premier café renversé.

Ranger pour que la pièce reste une pièce de pause

Une salle de pause devient vite un débarras : cartons d’archives, fournitures, manteaux, vaisselle qui traîne. Prévoir les rangements dès la conception évite ce glissement.

Un exemple : un mur de rangements qui cache tout

Dans ces mêmes bureaux AXA, un mur de rangements toute hauteur en façades bois occupe tout un pan de l’espace commun. Portes fermées, on voit un mur lisse et chaud. Portes ouvertes, il abrite des étagères d’archives, un vestiaire avec penderie et un coin café avec évier, étagères et éclairage intégré.

Portes fermées, un mur en bois. Portes ouvertes : archives, fournitures et coin café avec évier.
Le vestiaire est intégré dans le même mur, avec penderie et étagères.

L’intérêt de ce type d’aménagement est double. La pièce reste calme visuellement, ce qui compte pour une pause. Et le coin café se referme derrière ses portes : vaisselle et machine à café disparaissent quand la pièce sert à autre chose.

Les étapes d’un projet de salle de pause

Pour une salle de pause, la visite sur site sert d’abord à compter : combien de personnes à midi, combien d’appareils, quelle longueur de plan de travail. Nous relevons aussi les dimensions, les arrivées d’eau et d’électricité, les contraintes de ventilation, et nous faisons le point avec vous sur les autres usages de la pièce. Suivent un plan et un rendu 3D pour valider l’implantation, puis la fabrication dans notre atelier de Savigneux, présentée sur la page notre savoir-faire.

La pose est organisée avec vous pour limiter la gêne sur des locaux occupés. Si la salle de pause s’inscrit dans un réaménagement plus large, elle se traite avec l’aménagement de vos locaux professionnels.

À préparer avant la visite Pourquoi
L’effectif de l’établissement Il détermine si un local de restauration équipé est obligatoire
Le nombre de personnes présentes au moment du repas Il dimensionne la table, le coin cuisine et le nombre d’appareils
Le plan des locaux, avec les arrivées d’eau L’évier et le lave-vaisselle se placent près des évacuations existantes
Les autres usages de la pièce Réunion, accueil, formation : ils changent le choix du mobilier et des rangements

Textes cités

Vous préparez une salle de pause ou un coin repas ? Donnez-nous l’effectif et le nombre de personnes présentes à midi : nous préparons la visite.

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